Etes-vous « féconds » ?

Il m’est arrivé, souvent, d’échanger avec un inconnu ou une inconnue, et d’avoir l’impression de ne rester concentré que sur ce que j’avais envie d’exprimer. Je le vois aussi dans mon entourage et chez mes interlocuteurs. Soit dit en passant, plus encore chez les parisiens. Comme si ceux-ci étaient des archétypes d’ultra-humains. Evoluant dans un cadre beaucoup plus concentré que la moyenne nationale, ils sont portés à sélectionner plus vite leurs locutions, sauter d’un sujet à l’autre et affermir leurs certitudes en se montrant cyniques et poseurs. Est-ce si différent dans ce monde étrange et bigarré que l’on nomme «la Province»? Pas tant que ça. Les rapports sont les mêmes en plus lent. On s’observe, on se jauge, on se garde en mémoire de nombreux mois. On pose et on joue tout autant, un autre rôle, celui de la bienveillance et de l’innocence. Souvent les provinciaux sont d’anciens parisiens et les parisiens d’anciens provinciaux. Les plus hautains étant les plus ruraux initialement. Chassant leur être sous un excès de paraître. Dans ce contexte, la question est : êtes-vous fécond ? Quand vous parlez, dans une réunion professionnelle ou privée, suscitez-vous l’envie et le questionnement ? Que cette intervention soit une réponse ou une question, apporte-t-elle quelque chose à quelqu’un ou est-ce simplement la satisfaction de délivrer son message? Que l’on soit triste ou heureux, notre état d’esprit ponctuel ou durable, feint ou réel, rejaillit sur notre entourage. Or pour avancer nous avons, tôt ou tard un besoin d’être « féconds », aussi bien dans un cadre personnel que professionnel, nous avons besoin de sentir l’effet produit sur notre environnement, de bénéficier du retour critique d’un proche ou d’un collègue. Celui peut d’ailleurs être négatif, par exemple dans le registre de la provocation ou du réflexe de contradiction. Certains en font un mode de fonctionnement, une seconde nature, un ressors de personnalité. Ils en ont besoin pour se sentir fort, viril, influent ou tout simplement vivant. Ironiquement c’est sans doute une pulsion de mort qui inspire cela. L’être humain a-t-il besoin d’être déçu et en colère pour se réinventer? Il ne faut peut-être pas avoir peur de nos pulsions de mort. D’une part parce qu’elles sont inévitables, d’autre part parce qu’elles entraînent peut-être les reflux vitaux nécessaires ? Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà été agacé par le relativisme systématique qui ne mène nulle part (Le «Ca dépend» à tous propos) ou au contraire par des affirmations outrancières et définitives (C’est comme ça et pas autrement) ou encore par un silence désarmant ?


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